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Anniversaire de l’Udps: Et si Étienne Tshisekedi était en vie

La fille aînée de l’opposition, l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps) souffle ce 15 février 2020 sur ses 38 bougies allumées, une année seulement après son accession au pouvoir. Pour ce faire, un gigantesque meeting sera tenu au Stade des Martyrs de la pentecôte aujourd’hui même, jour anniversaire, samedi 15 février. Le Chef de l’État y prendra certainement parole à côté du Secrétaire général Augustin Kabuya et Jean-Marc Kabund, Président national a.i du Parti présidentiel.

Après 37 ans dans l’opposition radicale, le Parti du feu Étienne Tshisekedi a connu le haut et le bas. Des querelles intestines l’ont sérieusement déchirée, à tel enseigne qu’elle a perdu beaucoup de ses meilleurs cadres.  » Ils ne pouvaient pas supporter le chômage dans l’opposition, voilà pourquoi ils se retrouvent occasionnellement dans d’autres Partis « , SZ défend Adon Kayenga, cadre du Parti de la 10e rue Limete.

Les départs ont commencé depuis le chant du coq. Beaucoup n’avaient pas apprécié le radicalisme du Sphinx de Limete qui rejetait toute main lui tendue. Les défections les plus massives de l’histoire étaient enregistrées en 2010, après l’âpre crise qui a secoué le Parti dès 2007.
Alors que Ya Tshitshi était gravement malade et transféré d’abord en Afrique du Sud, puis en repos médical en Belgique, ses proches avaient profité de sa maladie pour dénaturer le combat de l’Udps.

Sylvain Kamani Katalay, Beltshika Kalubi, Jean-Joseph Mukendi, revenu après, Gaston Dindo, Ilunga Badiambuji et plusieurs autres cadres ont été chassés après avoir tenté de ramener le siège du Parti à Lemba Righini, sur l’avenue Cardinal Malula. Le Parti a été sauvé grâce au courage et finances d’Alexis Mutanda, alors Secrétaire général du Parti, mais aussi aux dénonciations de Valentin Mubake, Président du Comité national, même si les deux ne s’entendaient toujours pas. Mbuta Étienne rentre au pays après trois ans et préside le tout premier congrès. Tout a été remis en ordre après cette guerre de succession. Beaucoup croyaient que Wa Mulumba retournerait dans un cercueil.

Des départs massifs
Une autre défection non moins importante est intervenue en 2017, après la mort du Maître le 01 février en Belgique. Les cadres restés et représentant le Parti aux négociations médiatées par les Évêques catholiques (Cenco), n’ont pas pu maintenir le semblant d’unité. Certains ont été débauchés et nommés au Gouvernement Bruno Tshibala. D’autres par contre ont préféré changer le fusil d’épaule. Ainsi naissaient beaucoup d’Udps, naissance facilitée par le régime Kabila qui avait à gagner dans ces divisions.

De son vivant, Étienne Tshisekedi n’avait jamais accepté de travailler avec les deux Kabila, père et fils. Voilà qui avait maintenu le Parti dans l’opposition, et les combattants contraints au chômage, malgré eux.

Une année après la mort de Ya Tshitshi, le Parti dirigé par son fils biologique semble avoir mis beaucoup d’eau dans le vin. « Les quelques erreurs politiques étaient corrigées ». La politique elle-même a quelque peu changé, malgré le nombre de membres égrainé par les Partis de Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba.

Félix après Étienne
Une année seulement après la disparition de Wa Mulumba, l’Udps soutenue par Vital Kamereh et son UNC, accède au pouvoir.

Une question vaut son pesant d’or : Si Étienne Tshisekedi était en vie, l’Udps aurait-elle pris le pouvoir en 2018? Le vieil opposant aurait-il accepté de pactiser avec Vital Kamerhe ? Serait-il en coalition avec le FCC de Joseph Kabila ? Répondre par l’affirmatif c’est mal connaître l’homme de Limete. Lui qui avait promis une grosse somme d’argent à quiconque lui emmènerait Kabila ligoté et vivant.
 » Le pays a perdu un vrai opposant qui défiait tous les régimes « , lançait un haut cadre de ce Parti lors des obsèques de Mbuta Étienne au Stade des Martyrs.

L’Udps accède au pouvoir, mais sans un grand nombre de ses dignes fils actuellement éparpillés dans d’autres formations politiques. Conséquence : Fatshi est obligé de recourir à la diaspora pour composer son cabinet. Conséquence de cette conséquence, beaucoup d’entre eux apprennent sur le tas. Le Parti prend le pouvoir sans Jean-Baptiste Bomanza, Ève Bazaïba, Valentin Mubake, Samy Badibanga, Bruno Tshibala, Joseph Kapika, Bruno Mavungu, Docteur Tshipamba, etc.

Est-ce une bonne stratégie ou une trahison comme d’autres personnes le prétendent ? Voilà une question oratoire. En un mot comme en mille, le Parti politique, fille aînée de l’opposition qui fête aujourd’hui ces 38 ans d’existence, s’est révélée une grande « école de formation ». Beaucoup de politiciens en vogue aujourd’hui sont passés par Limite. Le potentiel online reviendra prochainement sur ces fugitifs de l’Udps qui ont émergé ailleurs.

Le Parti doit également changer son hymne. « Tenez bon, l’Udps a vaincu » et non « l’Udps vraincra ». Quoi de plus logique, étant donné qu’il est déjà au pouvoir.

Debalé Yango

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