Le Copec et Eric Mbongi Lambilotte exigent une nationalité congolaise irrévocable

Entretien exclusif avec Eric Mbongi Lambilotte, président du Collectif pour l’Emergence du Congo, COPEC en sigle 

 

CRetroActuel: Qui êtes-vous Eric Mbongi Lambilotte et quel est votre parcours?

Eric Mbongi Lambilotte : Je suis le fils d’un papa Flamand et d’une maman Ne Kongo de Luozi. Comme le dit la formule consacrée, je suis né et grandi à Kinshasa. Je suis parti pour raisons d’études vivre en Belgique. J’ai œuvré professionnellement dans le secteur bancaire et des assurances et actuellement je suis consultant.

CRA: Quels sont les objectifs du COPEC ?

EML: Notre mouvement œuvre pour la reconnaissance, par l’autorité publique en RDC, des apports positifs multiples de la diaspora congolaise envers la RDC. Les congolais qui vivent en dehors du pays contribuent énormément au « soft power » exercé par notre autorité publique.
Nous revendiquons aussi notre appartenance indéfectible à notre pays et exigeons que la nationalité congolaise soit irrévocable. En d’autres mots qu’un congolais d’origine ne puisse jamais perdre sa nationalité même s’il acquiert une autre nationalité.

L’article 10 de la constitution, qui stipule que la nationalité congolaise est une et exclusive, doit être amendée à cet effet. Nous pensons que tout congolais, qu’il habite au pays ou en dehors, a des droits civiques que l’autorité publique doit respecter. Il s’agit plus particulièrement du droit de vote, à partir du lieu de résidence, qui est refusé de manière injuste à la diaspora. La loi électorale doit être amendée afin de permettre les congolais de l’étranger d’aller voter dans les 60 représentations diplomatiques que compte la RDC dans le monde.

La CENI doit aussi développer le vote électronique pour les populations les moins accessibles.
Le COPEC demande à l’autorité publique congolaise de considérer l’espace géographique abritant les congolais qui vivent en dehors de la RDC comme la 27ème province de la république, ou encore une ou plusieurs circonscriptions électorales, avec ses représentants à l’Assemblée nationale et au Sénat ainsi que son représentant à la Présidence de la République.

CRA : Qu’entendez-vous par « soft power » ?

EML: Le soft power d’un pays est l’influence, le pouvoir non contraignant, exercé sur d’autres pays par les moyens diplomatiques, culturels, économiques etc. Notre pays, outre ses richesses du sous-sol et de son sol, est surtout doté d’hommes et de femmes qui font la fierté du pays partout où ils vivent. Prenons l’exemple d’un Romelu Lukaku, Vincent Kompany et Mutombo Dikembe qui sont des références dans le monde sportif mondial, d’une Sandrine Mubenga sommité scientifique qui a inventé un moteur hybride, de politiques comme Gisèle Mandaila ex ministre en Belgique, Cécile Kyenge, ex ministre en Italie, et Pierre Kompany, bourgmestre élu dans une commune de Bruxelles, ou encore de la génération brillante des jeunes musiciens congolais de la diaspora menée par le talentueux Maitre Gims. La liste est loin d’être exhaustive.

CRA : Pourtant l’apport économique de la diaspora en RDC ne semble pas évident à démontrer.

EML : Les transferts d’argent de la diaspora congolaise vers la RDC se montent annuellement à 2 milliards de dollars américains. Mais force est de constater que l’immense majorité de ces flux aident plutôt à assouvir les besoins sociaux des plus vulnérables de nos membres de famille. Le constat est que la diaspora congolaise contribue grandement au maintien de la paix sociale de la mère patrie.
Une autre partie de ces transferts financiers s’évaporent dans des investissements mal calibrés n’apportant pas une grande valeur ajoutée.
C’est pourquoi le COPEC propose de canaliser ses sommes ainsi que les épargnes de la diaspora vers des projets d’investissements au pays. Le secteur bancaire a son rôle à jouer mais l’autorité publique doit mettre en place des mécanismes, pourquoi pas créer une agence dédiée à la diaspora, qui vont aider et orienter les congolais de l’étranger qui souhaitent investir en RDC.

Nous demandons que le prochain gouvernement en RDC fasse place au minimum à un ministre « full » CHARGÉ DE LA DIASPORA plutôt qu’à un vice-ministre.

CRA : Vous avez lancé une pétition sur l’application du recensement de la population congolaise. A quoi peuvent servir ces opérations d’identification?

EML : Cette pétition a comme dénomination « Chaque congolais compte, et se compte ».
Aucune politique de développement économique, de solidarité sociale ou de gestion sécuritaire n’est réellement efficace si l’autorité publique ne maitrise pas de manière précise combien de congolais sont concernés, où ils résident, les ratios dans les tranches d’âge, leurs activités, leur gendre ou encore leur espérance de vie. Cette identification de la population doit aussi concerner les compatriotes qui vivent à l’étranger.

CRA: Votre conclusion

EML : Nous constatons que les dernières générations de la diaspora, nos enfants et bientôt nos petits-enfants, n’ont pas facilement l’occasion de nouer des liens aussi solides avec la mère patrie par rapport aux générations plus anciennes, dont la plupart sont nés en RDC et y ont vécu une partie de leurs vies. Les liens de la RDC avec nos enfants sont devenus distendus, tel est notre triste constat. Nous tirons donc la sonnette d’alarme.
Les liens avec la mère patrie la RDC doivent être renoués et rendus indestructibles pour les générations montantes. Il y va de l’intérêt suprême de l’autorité publique. Faisons en sorte que chaque congolais compte réellement.

www.copec-rdc.net

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