RDC : le C.I.F.D.H./D dénonce l’insécurité, les violations des libertés et l’incertitude de la tenue des élections en 2023

Dans un rapport circonstancié rendu public le 5 octobre 2021 dont plusieurs copies ont été déposées dans des Ambassades à Kinshasa, le
Centre International de Formation en Droits Humains et Développement (CIFDH/D) section Kasa-Vubu déplore les violations graves des droits humains , les restrictions de l’espace démocratique et l’insécurité dans la partie Est du pays malgré l’état de siège décrété.

L’organisation a formulée une série des recommandations à l’endroit d’une part, des acteurs politiques et d’autre part de l’opinion publique congolaise.

Le CIFDH/D invite le gouvernement Sama Lukonde à assurer la promotion des libertés individuelles y compris la liberté d’expression.

Kinshasa est appelé à assurer également la protection des défenseurs de droits humains et des journalistes surtout en cette période qui précède l’organisation du pré-électorale.

Le pouvoir Public est prié par cette organisation de la société civile de défense des droits humains à tout faire pour une bonne protection de la vie et de la dignité humaine surtout dans les zones d’Etat de conflits armés.

Il invite la population à la vigilance pour mettre hors d’état de nuire les pilleurs-détourneurs des deniers publics, qui sont aussi les prédicateurs de la haine tribale, virus qui ronge la santé de la vie nationale déjà précaire.

S’agissant des droits sociaux, économiques et culturels, CIFDH/D section Kasa-Vubu plaide pour l’amélioration des conditions de vie de la population congolaise de la fonction publique ou du secteur privé par la stabilisation des prix des denrées alimentaires,
le paiement d’un salaire décent qui tienne compte de besoins réels, l’organisation urgente et professionnelle du secteur de santé, l’organisation de la cité de manière à rétablir l’autorité de l’État sur l’étendue du territoire national, afin de protéger les intérêts de chaque citoyen, dans le respect des lois de la République.

Centre international de formation en droits humains et développement
CIFDH-D/Kasa-Vubu

Rapport circonstancié Octobre 2021

INSÉCURITÉ DES DÉFENSEURS DE DROITS HUMAINS, DÉGRADATION DE LA SITUATION SOCIO-ÉCONOMIQUE ET INCERTITUDE DE LA TENUE DES ÉLECTIONS EN 2023

Le CIFDH/D, est une organisation non gouvernementale, qui a pour but de doter le plus grand nombre des humains des connaissances en droits humains et de veiller sur la bonne application et le respect de ces derniers dans tous les domaines de la vie. Œuvrant en République démocratique du Congo, notre organisation se veut une sentinelle en matière de l’applicabilité des droits de l’homme.

Ce rapport est une interpellation du politique congolais, des acteurs de la société civile, de l’opinion tant nationale qu’internationale sur les véritables problèmes qui réduisent la vie humaine du congolais à une banalité. Il précède le rapport annuel qui reprend en détail l’état de lieu des libertés et droits humains en R.D.Congo, que nous publierons dans les prochains mois.

I. CONTEXTE

De prime abord, nous constatons que le Congo Démocratique avance sur fond du tribalisme entretenu par les chantres de l’unité nationale. La misère décime les familles qui ont cru en la stabilité annoncée par les acteurs de la gestion de la Res-publica et qui aujourd’hui, n’ont que de leurs yeux pour faire couler les larmes.
Ayant vécu depuis quelques années de menaces et l’insécurité de nos membres, contraints souvent à l’exile, le Centre International de Formation en Droits Humains et Développement (Cifdh-D/Kasa-vubu), s’inquiète de plus en plus de la situation sécuritaire, socio-économique et politique qui, aujourd’hui, n’a fait que se dégrader.

II. LA PRÉCARITÉ DE LA SITUATION SOCIO-ÉCONOMIQUE

Chaque jour les congolais meurent de faim, pendant que les décideurs se la coulent douce dans les salons huppés. La misère associée à l’inexistence de soins ou d’infrastructures sanitaires appropriées a donné naissance à des nouveaux phénomènes tel la drogue « Bombe, zododo, lotoko », l’intolérance, la méchanceté et le tribalisme qui en soi, sont l’œuvre des politiques qui tiennent à tuer les paisibles citoyens au nom de leur appartenance tribale, régionale, ou à certains courants politiques. Ces actes démontrent le ras-le-bol de la population congolaise qui n’a fait que trop souffrir.

Les promesses de la stabilité des prix des denrées alimentaires restent un rêve irréalisable face à une population au pouvoir d’achat le plus faible de l’histoire de la vie nationale et du monde, si on considère les potentialités de la République démocratique du Congo.

Le CIFDH/D exhorte les autorités à faire la remise en question et d’ouvrir leur oreille au cri de détresse que fait entendre la misère du peuple congolais qui n’a toujours pas l’occasion de crier sur la place publique. Il y a péril en la demeure !
Et nous ne pouvons étaler dans ce résumé, toute la misère des Congolais qui continue à faire des victimes.

I. LA SITUATION SÉCURITAIRE

L’article 16 de notre Constitution sacralise la vie humaine, et la Déclaration Universelle des droits de l’Homme la défend totalement. Force est cependant de constater que la vie de milliers de Congolais reste exposée à la mort dans les zones appelées de l’Est, sans qu’une politique particulière efficace ne soit mise en place par le gouvernement pour l’éradication de l’insécurité qui a atteint son paroxysme.

Le centre international de formation en Droits humains et de développement encourage les acteurs de la lutte contre l’insécurité dans la partie Est du pays à ne pas céder à l’intimidation et à apporter la victoire réelle et durable à cette population détruite et terrorisée depuis bientôt trois décennies. Nous les exhortons à tout faire dans le respect de la vie et la dignité humaine. A ce sujet, nous rappelons que l’amélioration de la situation de ceux qui servent sous le drapeau ne doit pas se négocier, car ils travaillent pour la République au prix de leur propre vie.

Cependant, nous condamnons les dérapages de services de sécurité dans l’interpellation des journalistes en plein exercice de leur métier ou après et la traque de certains défenseurs de droit de l’homme (1). Le monde entier a suivi comment un journaliste d’un média international (radio france internationale) a été agressé lors de la marche de l’opposition, du 16 Septembre dernier, pour ne citer que ce dernier cas en date.

Pour la sécurité des uns des autres et par respect des principes de base des libertés et droits humains, CIFDH a décidé de garder jusqu’ici, confidentielle, la longue liste des victimes de ces abus et dérapages, qui sont loin de se terminer.

À titre illustratif, Dimandja Pemba Germain, Liliane Mujinga Kumande, Mulopo Tshimena Mule, Francine Barume Nabintu et Popol Muamba, tous membres de notre organisation, ont été victimes ce dernier temps d’un acharnement par des personnes dites de sécurité, alors qu’ils n’ont fait que leur travail: observer l’avancement sur terrain du respect des droits et libertés humaines.

Mwepu Billy Billy en a payé le prix, à cause de son engagement dans la résistance populaire contre le glissement (organisées d’une part par les laïcs catholiques et l’opposition politique, démarche qui a vu la vie de Rossy Muamba Tshimanga ôtée. Nous continuons à exiger une fin de procès digne du nom pour ce héros national. Alors que les lois de la République sanctionnent sévèrement le viol et violences sexuelles, y compris le mariage forcé, Glodie Lubuya Kabeya, alors mineure lors des faits, a souffert dans une union conjugale forcée, depuis trois ans. La jeune femme n’a reçu aucun soutien à cause de la loi de la force (simplement parce que son otage est un militaire). Son avocat, Maitre Popol, membre de notre organisation n’a pas cessé d’en subir les menaces.

A la clôture du ramadan au stade de martyrs de Kinshasa, Aisha Ikolonga Aisha a subi un traitement inhumain, dégradant suivi des menaces par les tout-permis. CFDH avait connu l’année dernière de cas similaires d’insécurité de ses autres membres actifs, victimes de l’alternance mal négociée par le politique congolais.

IV. SITUATION POLITIQUE (ELECTION)

Des élections en 2023 pour respecter la constitution, c’est tout ce que notre peuple attend. Cependant, l’opinion nationale observe sans force le blocage du processus de désignation des membres de la Commission nationale électorale indépendante entretenu par des hommes d’églises qui, en principe, ne devraient pas se mêler de la politique.

C’est avec regret que nous constatons que les religieux qui devraient prêcher par l’exemple en résolvant des divergences entre huit parties (confessions religieuses) qui ne constituent même pas en réalité la représentation nationale congolaise, se livrent à une guerre sans merci, sur le dos des paisibles citoyens, avec en fond l’influence des états-majors des formations politiques congolaises.

Nous continuons à nous demander, pour qui roulent les confessions religieuses qui ont décidé au su et à la barbe du souverain primaire, de bloquer ce processus depuis des mois. CIFDH interpelle les différents acteurs de ce processus et les exhorte à mettre de côté leurs intérêts égoïstes pour ne privilégier que l’intérêt du peuple congolais qui, contre vents et marées, attend se rendre aux urnes en 2023.

I. CONCLUSION

Le Centre International de Formation en Droits Humains et Développement recommande d’une part aux acteurs politiques et d’autre part à l’opinion :

  • La promotion des libertés individuelles y compris la liberté d’expression ;
  • La protection des défenseurs des droits humains et des journalistes surtout en cette période qui précède l’organisation du processus électoral ;
  • La protection de la vie et de la dignité humaine surtout dans les zones sous État de siège ;
  • La vigilance de toute la population pour mettre hors d’état de nuire les pilleurs-détourneurs des deniers publics, les prédicateurs de la haine tribale qui rongent la santé de la vie nationale déjà précaire ;
  • L’amélioration des conditions de vie de la population congolaise de la fonction publique ou du secteur privé par :
  1. La stabilisation des prix des denrées alimentaires,
  2. Le paiement d’un salaire descend qui tienne compte de besoins réels,
  3. L’organisation urgente et professionnelle du secteur de santé,
  4. L’organisation de la cité de manière à rétablir l’autorité de l’État sur l’étendue du territoire national, afin de protéger les intérêts de chaque citoyen, dans le respect des lois de la République.

Fait à Kinshasa, le 05/10/2021

Pour le CIFDH/D

 Chef de Centre Adjoint                                            Chef de Centre

DIMANDJA PEMBA Germain ISSIA IKEKE Richardson

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